Jim Jarmusch m’a emmenée à Paterson

Habituée (et abonnée) aux salles obscures, je confesse ne pas être une inconditionnelle du cinéma d’auteur. Plusieurs raisons à cela : quand je vais au cinéma, c’est pour rêver/rire/pleurer, j’ai besoin d’être vite submergée par l’histoire et les personnages. Et puis, il faut bien le dire, je suis complètement perméable à une bonne bande-annonce bien mainstream. En résumé : LA bonne cliente.

Oui, mais voilà, j’aime aussi les petits plaisirs solitaires (je parle toujours de cinéma, pas de méprise !), comme d’aller au cinéma un après-midi de semaine dans une salle presque déserte, pendant que le reste du monde est au travail. Il y a quelques semaines, je me suis laissée tenter par l’affiche de « Paterson », le dernier film de Jim Jarmusch. Je ne le connaissais que de nom, et je n’avais jamais vu ses films. C’est d’abord la promesse d’un voyage dans le cœur des États-Unis qui m’a donné envie. Pas de virée à Los Angeles, ni de cliché new-yorkais : ici, on se retrouve à Paterson, dans le New Jersey (Etat dont est d’ailleurs originaire Jarmusch).

paterson-de-jim-jarmusch-ou-l-exaltation-bouleversante-du-quotidien-par-la-poesie,M335041Le film se déroule sur une semaine. Sept jours de la vie d’un couple, ordinaire mais pas trop. Elle, une artiste anticonformiste qui déborde de projets en tout genre (concours de cupcakes, repeinte de son appartement, cours de guitare…), mais un peu éloignée de la réalité quotidienne. Lui, chauffeur de car matinal et taciturne, qui écrit de la poésie à ses heures perdues. Ce couple jongle entre deux personnalités très différentes et une histoire d’amour, belle et entière.

Comment trouver l’équilibre entre son épanouissement personnel et le bien-être de son couple ? Quelle est la limite au soutien de l’être aimé dans sa passion, sans empiéter sur ses propres envies ? Voilà les problématiques abordées par ce joli film. Le personnage de Paterson (puisqu’en plus d’être le nom de sa ville, c’est également son propre nom) est particulièrement touchant. Il est discret et ne montre rien ou presque, mais se réfugie dans le monde délicat de la poésie, toujours armé d’un vieux carnet de notes. Il est de ceux qui ont une vie intérieure suffisamment riche pour n’avoir que très peu besoin de la reconnaissance extérieure.

Si vous avez envie d’une parenthèse de délicatesse, courez voir ce film à l’esthétique travaillée, dépaysement et émotion garantis !

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